Pour une sortie rapide du glyphosate

A l'Assemblée Pour une sortie rapide du glyphosate

Avec plusieurs collègues de mon groupe parlementaire, j’ai été signataire de la tribune pour la sortie du glyphosate, publiée le 22 octobre 2017 dans Le Monde. J’ai également cosigné l’amendement 1570 visant à inscrire dans la loi l’interdiction du glyphosate d’ici trois ans, avec possibilité de dérogations encadrées en cas d’absence d’alternative.

J’ai donc toujours affiché publiquement ma volonté de sortir du glyphosate, tout en étant consciente des difficultés de mise en œuvre de cet objectif pour les agriculteurs.

Il était difficile de prévoir quand le vote allait intervenir dans la discussion, et après un week-end entier passé en séance, j’ai quitté l’hémicycle dimanche 28 mai au soir pour rentrer en circonscription afin d’honorer des engagements pris de longue date (huit visites et rendez-vous à Chaumont et Langres). Je n'ai malheureusement pas pu participer au vote de cet amendement rejeté par 63 contre (20 pour et 2 abstentions).

 

La réduction de l’utilisation des pesticides n’est pas un sujet secondaire : il porte d’abord sur des enjeux de santé publique, mais aussi de relation à l’agriculture, sur le respect de l’environnement, sur des urgences pour aujourd’hui et de véritables enjeux d’avenir.

 

En novembre 2017, la Commission européenne a proposé le renouvellement de l’autorisation du glyphosate, dans le cadre de la procédure de réexamen de la substance. C’est la détermination et la position forte de la France, avec d’autres Etats membres de l’Union européenne, qui a permis de diminuer la durée de prolongation de l’autorisation initialement proposée par l’UE à 10 ans. La majorité des Etats membres a ainsi fait le choix de voter en faveur d’un renouvellement de l’inscription de cette substance pour une durée de cinq ans seulement, malgré la volonté de la France d’engager une réduction plus rapide au niveau européen.

La France a également demandé à ce que ce renouvellement soit assorti de restrictions d’usage et qu’un effort commun soit entrepris au niveau européen pour accélérer le développement d’alternatives au glyphosate, puisqu’il est essentiel que les mêmes règles s’appliquent pour tous les pays de l’UE.

Alors même que la France et ses partenaires obtenaient au niveau européen un renouvellement de 5 ans au lieu de 10, le Président de la République fixait pour la France un objectif ambitieux : la mise en œuvre de l’ensemble des moyens pour sortir du glyphosate en trois ans, en permettant des dérogations lorsqu’il n’existe pas de solutions alternatives pour nos agriculteurs. Cet engagement sera tenu et la non-inscription dans la loi à ce jour ne le remet nullement en cause.

Le gouvernement et la majorité parlementaire ont choisi de  travailler avec le monde agricole, en responsabilisant les filières et en développant des alternatives pour atteindre cet objectif.

La confiance n’exclut pas le contrôle.

Une mission parlementaire sur le glyphosate a été créée, afin de permettre aux députés de s'assurer de la progression des travaux à ce sujet.

Le Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation a également annoncé la mise en place d’une commission de suivi associant l’ensemble des parlementaires permettant d’évaluer à intervalles réguliers les solutions alternatives à cette molécule.

Je serai particulièrement vigilante sur l’état d’avancement de la recherche et des solutions concrètes qui peuvent être apportées ainsi que des engagements du monde agricole.

En parallèle, et de manière plus générale, je reste particulièrement mobilisée sur la réduction de l’utilisation des pesticides en France. Nous avons ainsi soutenu et adopté l’interdiction des remises, rabais et ristournes sur l’ensemble de ces produits ainsi que la séparation des activités de vente et de conseil de ces produits.

Je continuerai à être vigilante et mobilisée pour l’application effective de la sortie du glyphosate dans trois ans. Cela passe aussi par une décision européenne.